Once upon a time… 3 months

Et voilà. La barre des trois mois est passée… Une drôle de sensation bien difficile à apprivoiser. Les quatre mois n’ont pas existé. Il n’y avait plus d’autre part, plus de départ, plus d’ailleurs quelque part… J’avais l’impression qu’en me projetant là-bas, je ne pouvais plus apprécier l’ici, qu’il fallait que je sois à cent pour cent toute entière à ce que je vis. Et c’est ce que j’ai fait. J’ai vécu puissance mille la folie d’ici. Mardi Gras, les amis en visite, l’enterrement de vie de jeune fille, l’école en chute libre… Et toute cette intensité prend un relief particulier, quand chaque matin nous rapproche un peu plus de cette fin, mais que chaque matinée est aussi le début d’une incroyable journée.

Cette ville, elle vit. Elle vibre, elle danse, elle bat. La faire découvrir, c’est offrir un peu de soi à travers elle. Et je sais que j’y laisserai forcément un petit bout de moi à mon départ. Un petit quelque chose qui aura toujours été là, un petit bout de coeur ou d’âme, qui ne peut pas partir autre part.

Cette ville, elle est pleine de rencontres magiques. Ce mois-ci, j’y ai vu une parfaite famille allemande en voyage au long cours, un tromboniste aux yeux magnifiques, un aviateur qui sauve le monde, l’unique monsieur au monde à jouer du plateau, une serveuse qui ne veut rien servir, un papy irlandais qui danse parce qu’il n’aime plus sa femme, un musicien raté et un businessman qui conversaient, un chauffeur de bus également chauffeur d’ambiance…

Cette ville, elle est aussi pleine de situations magiques. Il y a eu ce repas improbable où on partageait notre table, et presque notre note, avec ce groupe venu tout droit du Texas, il y a eu cette occasion incroyable où des Indiens de Mardi Gras nous ont accueillis pour les aider à porter leurs costumes, il y a eu cette enterrement de vie de jeune fille de dernière minute qui nous a laissé des tas de polaroïds et le bonheur simple des soirées réussies… Il y a eu les rues envahies de vert, la montée dans le camion de pompier, les tutus sur les verres, les bisous troqués contre une fleur, les jambes croisées sur les coussins en écoutant du jazz, les sharpies sur les toiles blanches, les soirées cinéma, les départs qui n’en sont plus…

Trois mois. Trois mois pour imprimer tous ces moments magiques, pour remplir la jauge de bonheur avec cette vie ici.  Trois mois…

 

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