Once upon a time… 5 months

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Janvier se termine déjà, un p’tit tour et puis s’en va. Un mois tout en émotions contradictoires, à l’image de l’hiver en Louisiane, qui passe comme mon p’tit coeur du chaud au froid, en un claquement de doigts. Parce que je réalise bien qu’en faisant mon premier pas dans ce premier mois, j’ai basculé de l’autre côté du sommet. Que jusqu’à présent c’était une lente montée et que j’avais le temps de me balader, tout en construisant mon petit chemin de Poucette, pierre après pierre. Mais là, c’est plus pareil, c’est la descente en pente raide qui apparait devant moi. Et je sais bien que j’aurai beau freiner des quatre fers, je vais me retrouver les fesses en bas en un battement d’ailes.

Alors, à cinq mois avant le départ, je savoure déjà chaque douzième de 2017, comme une friandise douce-amère. La vie et la ville paraissent si légères, quand mon coeur est déjà gros. Même l’école a des airs de montgolfière, et je flotte dans cet univers que je connais bien, au dessus des problèmes et des incertitudes de ceux qui restent. Mais même si j’ai choisi de bifurquer sur ce nouveau sentier, et que je suis quand même impatiente d’y faire mes premières foulées, j’ai ce poids qui pèse du coté des émotions. J’ai le bonheur douloureux.

Le temps magnifie les instants, mais je crois bien que l’absence de temps les rend tellement plus forts. Je vis la fin de ma parenthèse puissance mille, croquant sans en perdre une miette dans toutes ces parts qui font ce mois sucré-salé. Il y a cette Amérique qui m’a conquise et séduite, et pour laquelle j’ai maintenant peur et je pleure et je marche. Il y a cette ville, que j’aime du plus profond de mes tripes, et pour laquelle je vibre. Il y a évidemment mes amis d’ici, pour lesquels je n’arrive rien à écrire, parce que j’aurais déjà l’impression de les quitter, et ça c’est simplement impossible.

Mais cinq mois avant le départ, il y a aussi les épreuves administratives chronophages, quand chaque heure semble pourtant si précieuse. Il y a la demande officielle à réintégrer la France en son sein, drôle de sensation épistolaire. Il y ces quelques mots avec le directeur pour annoncer la fin, conversation Werther’s dans le bureau ovale. Il y a cette petite dame de la banque qui reste bloquée devant cette case qu’elle ne peut pas cocher, non-sens de vie d’expatriée.

Puis cinq mois avant le départ, il y a aussi tout le matériel à prévoir. Je deviens obsessionnelle du poids et de la multifonctionnalité. Une pro des listes d’équipement. Une adepte du bureau de poste. Une fidèle des blogs de voyage. Mon passe-temps principal se situe dans une zone floue entre l’Inventaire à la Prévert et la commande d’Amazon. Mon aventure sera poético-pratique ou ne sera pas.

Les rêves là-bas et le coeur ici…

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