Once upon a time… La Mongolie

La Mongolie, j’en rêvais depuis des années. J’avais en tête des images de chevaux sauvages galopant dans des steppes immenses, des Mongols en costumes traditionnels vivant en harmonie avec la nature et des paysages grandioses ponctués de yourtes et de troupeaux de moutons. Autant vous dire que quand je suis arrivée à Oulan-Bator, j’ai pas vraiment apprécié. Devant mes yeux, c’était des tas de voitures dans un brouhaha de klaxons, des immeubles massifs décrépis et des usines fumantes en plein milieu de la ville… La capitale la plus froide du monde n’avait pas l’air bien accueillante…

Puis, très vite, il y a eu Gobi. Six jours loin de la ville, dans le désert. On a roulé des heures et des heures, sur des routes presque impraticables, au milieu de rien, de ce rien si intense et si beau, qui fait se sentir tout petit, et ressentir en grand. On a traversé des paysages incroyables. Vierges, arides, puissants. On a croisé des chameaux, des chevaux et du bétail en quantité, mais peu d’humains. On était dans un autre monde, celui du sable et des étoiles. Dans les nuits de Gobi, c’est l’univers tout entier qui apparaît, et cette impression d’y être aspiré. Jusqu’à ce que le froid, au petit matin, ramène à la dure réalité, quand le poêle central ne fait plus crépiter la chaleur des rêves. Cette réalité des nomades, sans eau courante et sans toilettes, et tout juste un peu d’électricité pour faire fonctionner la télévision.

S’il n’y avait pas eu le sésame chinois à obtenir, mon expérience se serait sûrement arrêtée là, au bout de dix petits jours, dans ce contraste entre une Mongolie magnifique et une capitale inhospitalière. Pourtant, le meilleur restait à venir. Et je ne l’aurais jamais su. Oulan-Bator est une capitale qui s’apprivoise. Elle ne se visite pas – il n’y a d’ailleurs pas grand chose à visiter – mais elle se vit à travers ses traditions et son modernisme. Dans la rue, les moines côtoient vieillards en tenue traditionnelle et jeunes à la mode. Il y a foule dans les temples comme dans les centres commerciaux. C’est un mélange rare d’ancien et de nouveau, et de tolérance.

Alors, j’ai vécu, certainement pas comme eux, mais au moins parmi eux. J’ai découvert le Bouddhisme et la méditation, je regardé un film local dans un cinéma du quartier, j’ai passé des heures dans des cafés au milieu d’étudiants, j’ai assisté à une cérémonie chamane, je suis allée à la poste et même chez le dentiste, dans des galeries d’art contemporain, et j’ai essayé de comprendre l’histoire. J’ai finalement apprécié cette culture, cette diversité et cette ville qui est un peu devenue mon chez-moi pendant un mois.

Au gré des rencontres, des amitiés de voyage se sont liées, un peu plus fortes. Pour offrir une bulle d’air à nos poumons, on est partis ensemble direction Kharkhorin, l’ancienne capitale au temps de Genghis Khaan. Dans le bus local dont le moindre espace était occupé, on s’émerveillait déjà de ces nouveaux paysages de montagne. Le soir même, on assistait du haut de la petite colline, à un coucher de soleil féérique, tout en nuances rosées. Mais la plus belle surprise nous attendait le lendemain, au réveil. Des flocons de neige pailletaient par milliers. Tout était blanc. On a marché près d’une cascade et on a grimpé jusqu’à un monastère perché sur une falaise, les pieds dans la neige, la tête dans les nuages, dans un décor de conte d’hiver. C’était comme un rêve.

Finalement, en quatre semaines en terre mongole, j’ai eu l’impression de voir toutes les saisons de l’année. Mais de toute évidence, c’est dans mon coeur que le plus grand voyage s’est fait. Et c’est l’été.

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