Once upon a time… vers la Sibérie

Dernières heures dans le Transsibérien. Demain, le Transmongolien me transportera hors des frontières de la Russie, après trente jours au sein de sa magnifique immensité. J’ai aimé Saint Petersbourg. J’ai adoré Moscou. Je suis tombée amoureuse du Baïkal.

La Russie m’aura séduite autant par ses paysages sans fin, que par ses rencontres extraordinaires. Des forêts de bouleaux dorées au bleu limpide du plus grand lac d’eau douce du monde, de ses capitales effervescentes à l’énergie shamanique de l’île d’Olkhon, des maisons en bois d’Irkoutsk aux chemins de terre de Khuzhir, ce pays m’a émerveillée et offert des bulles de bonheur à chaque instant. La Russie est grandiose, belle, indomptable. Mais pour peu qu’on la regarde avec le coeur, elle se laisse apprivoisée. Et devient unique à tout jamais. Les belles rencontres faites le long des rails de l’infini resteront encrées comme de doux souvenirs dans ce pays à l’image si dure.

Il y a eu cet adolescent dans le train, qui a partagé trois jours de notre existence les yeux grand ouverts, m’apprenant à lire le cyrillique sur un livre d’enfant, patiemment, et le coeur lourd sur le quai des au-revoirs. Il y a eu cette toute petite mamie, dans la cité de Yekaterinbourg, qui nous a accompagnés avec ses petits pas jusqu’à notre auberge, vieil appartement soviétique, le sourire aux lèvres d’aider des étrangers. Il y a eu ce travailleur russe à Kazan, qui ne parlait que vaguement anglais, mais partageait les yeux pétillants son admiration pour le cinéma français et ses rêves de voyage. Il y a eu cette grand-mère Bouryate, ancienne professeure d’allemand, qui nous a offert un Borsch maison, et du pain au lait de vache dans sa jolie maison d’hôtes. Il y a eu ces trois gars, qui ont partagé leur bouteille de Vodka sur la grande table en bois du bar, buvant aux rencontres, au voyage, au bonheur, au Baïkal, puis à je ne sais plus quoi. Il y a eu ce jeune barman, qui a touché mon coeur par ses cocktails divins et ses promenades le long de l’Angara, tout en simplicité et en douceur, l’innoncence pourtant déjà presque loin. Il y a eu cette fille qui travaille dans la plus minuscule auberge de Russie, partageant notre ratatouille et notre vin rouge, avec sa bonne humeur et son rire.

Les Russes m’ont offert leur pays et leur gentillesse. J’ai vu la Sibérie sous un soleil radieux, le vent frais sur le visage, dans un dégradé de couleurs ocres incroyable. Mes pieds ont gouté l’eau glacée du Baïkal. J’en ai pris plein les pupilles et les papilles. Mon vœu d’aventure flotte dans un souffle shamanique. Je suis heureuse.

Heureuse aussi d’avoir partagé ces instants présents, avec ces autres voyageurs, fous ou rêveurs, d’Allemagne, d’Autriche, de France ou du Brésil. Puis surtout, avec mon partenaire de voyage, personne la plus enthousiaste et la plus facile à vivre du monde entier.

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