Petite Question… en Australie

Petite Question a passé vingt-quatre jours sur le siège central de notre Camper-Van, parcourant le bitume, la terre ou les pierres des routes australiennes de Brisbane à Cairns. Un calendrier de l’Avent du bonheur.

Petite Question: Hop, hop, hop. On fait une pause dans l’interview. Pour commencer, c’est qui ce barbu qui conduit « notre » Camper-Van? Je croyais que tu voyageais solo, moi. Puis d’abord, comment tu te retrouves en Australie sans avion? Y a beaucoup de changements de plan, là.

Ce barbu, c’est tout simplement l’homme le plus merveilleux du monde, quand il ne gagne pas aux échecs. Je l’ai rencontré, il y a deux mois en Chine, un soir d’Halloween. En plein coeur de l’Asie, je l’ai un peu décidé à aller en Australie, vivre son rêve de petit garçon, sans la moindre idée de le rejoindre quelques semaines plus tard. Mais la vie est parfois magique, et j’ai finalement ouvert une parenthèse dans mon voyage à moi, pour partager ce rêve à deux pendant un mois. Une petite boucle au-dessus des nuages, avant de revenir à mon dernier point d’ancrage, le Vietnam.

Petite Question: Je vois qu’il te donne en tout cas un sourire grand comme ça. Donc ce Van, c’est un peu votre maison de Noël pour le mois de Décembre?

Exactement. J’ai troqué ma maison-à-dos pour une maison-à-roues. Quelques mètres carré de bonheur, un petit cocon empli de décorations rouges, blanches et vertes. Un lit qui porte nos rêves, deux feux sur lesquels brûlent nos plats de fête, un micro-onde à trésors, deux chaises de camping, un auto-radio qui chante Noël, et même un sapin pour le grand jour. L’essentiel pour vivre sur un petit nuage. Parce que notre Van s’appelle Yún, et ça veut justement dire nuage en chinois. Je me demande d’ailleurs sous quel ciel Yún peut bien être maintenant…

Petite Question: Hum… donc pas de douche, pas de toilettes, pas de télévision, pas de wifi…? Un retour à la simplicité?

Oui, un retour aux joies simples. On regarde les couchers de soleil au lieu d’un écran. On parle et on rit. On joue aux échecs en prenant l’apéritif. On danse, beaucoup, partout. On se chamaille un peu aussi. Mais on se rend heureux surtout. Quand on est sur la côte, on se douche sur les plages. Sinon, on ne se douche pas, et c’est pas bien grave. Parfois, je me lave les cheveux là où les gens se lavent les pieds. Tous les parcs publics d’Australie sont équipés de toilettes propres, de barbecues extérieurs pour cuisiner, et donc aussi d’un robinet pour la vaisselle ou les pieds. La seule contrainte est qu’il est interdit d’y rester dormir… Alors, on cherche une place discrète dans le voisinage avant d’y revenir au petit matin. Au bout de quelques jours, on a déjà quelques habitudes de nomades.

Petite Question: Et quelles sont donc ces habitudes qui jalonnent les kilomètres sur les routes?

Généralement, on se réveille avec la lumère du soleil, ou sa chaleur. Mais quelque fois, on met le réveil dans la nuit pour observer un lever de soleil magique. Une des premières missions du matin consiste à chercher un café Latte pour démarrer ma journée. Ensuite, il conduit notre petit paradis vers un nouveau lieu à découvrir, et je le guide avec mon accent français qui le fait rire. Il petit déjeune du beurre de cacahuète, et moi du fromage, près de Gorges, d’une cascade, d’une plage, d’un désert ou d’une forêt tropicale. On en prend plein les yeux, les jambes, le coeur et l’âme. On se remplit l’estomac sur le pouce à midi, avant de randonner dans des paysages sublimes et de remplir de souvenirs notre « boîte à bonheur ». En fin d’après-midi, on visite un Vinnies, un Woolworths, un BWS ou un Mc Donald, pour subvenir à tous nos besoins modernes. Puis souvent, on cherche un joli point de vue pour le coucher de soleil, puis une place sous les étoiles pour notre soirée, avant de réfléchir à notre prochaine destination sur les routes du Queensland. On ne s’ennuie pas une seule seconde.

Petite Question: Les étoiles ont l’air de briller avec bienveillance au-dessus de vous… Est-ce qu’on peut savoir quels sont tes plus beaux moments?

Chaque journée a été extraordinaire. De la coupe du monde de rugby aux trois jours de plongée sur la grande barrière de Corail, mes yeux ont plus scintillé que les étoiles dans le Bush. On a sauté en parachute au-dessus d’îles magnifiques, on a marché dans des tubes de lave, on a passé trois jours sur un voilier, on a vu une tortue géante pondre dans la nuit, on a observé tout un tas d’animaux effrayants, on a nagé avec des poissons gigantesques, on a dormi avec la brise de l’océan…

Petite Question: Tout un tas d’animaux effrayants…?

Globalement, je suis effrayée par tout ce qui bouge en Australie. Il faut dire, que tout ce qui bouge en Australie, veut vous tuer. Crocodiles, requins, méduses, serpents, araignées… Le seul animal dont je n’ai pas eu peur, hormis le koala inerte, est un paon géant dont j’aurais du ironiquement me méfier. Même les oiseaux sont agressifs, et m’ont fait m’enfermer dans la voiture plusieurs fois. On a évidemment vu des tas de kangourous, quelques uns plats, mais beaucoup en 3D. Et des centaines de chauve-souris. L’Australie, c’est vraiment sauvage…

Petite Question: Sauvage, et désespérément romantique à ce qu’on dit… Beaucoup d’émotions donc?

Tellement d’émotions. Tellement de moments uniques qui n’appartiennent qu’à nous, avec en toile de fond des décors incroyables. Je ne peux pas raconter la féérie de ce Noël de l’autre côté du monde. Je ne peux pas raconter la bonne humeur qui a soufflé sur un parking d’Airlie Beach, ni le fou rire d’être enfermé dans notre propre véhicule. Je ne peux pas raconter l’intensité de crier au dessus des falaises de Charter Towers. Je ne peux pas raconter l’absurdité d’avoir une bouteille d’eau qui s’appelle Oscar. Je ne peux pas raconter l’importance de tous ces ballons colorés. Je ne peux pas raconter l’électricité qui émanait du bitume de Mareeba, ni celle de sa main sur la mienne, à chaque fois. Je ne peux pas raconter la simplicité de passer le Nouvel an bercée par les vagues et endormie dans ses bras. Je ne peux pas raconter toutes ces bulles de bonheur qu’on a créées, ensemble, pendant un mois… Mais je souffle leur poésie, encore et encore.

Petite Question: Et donc, la grande question que tout le monde se pose… L’Australie c’est fini, tu es en ce moment en Indonésie avant de reprendre tes 360 degrés autour du monde au Vietnam… Mais nous on veut savoir, qu’en est-il du futur?

Dans ce restaurant de Bali à l’énergie exceptionnelle, il est écrit « Le futur appartient à ceux qui croient en la beauté de leurs rêves ». Je crois que cette parenthèse là s’écrit ainsi (;
Et concernant les dix années à venir, une chose est certaine, j’ai un CD de Noël à écouter en boucle à chaque mois de Décembre.

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